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Leah Nehmert: Wanderlust

Leah Nehmert

Wanderlust

Vernissage le vendredi 10 Novembre 2023 dès 18h

Exposition du 11 novembre au 3 décembre 2023

Ouvert le samedi et dimanche de 13H00 à 17h00 ou sur rdv

Finissage le 3 décembre 2023 de 13h à 17h dans le cadre du programme OFF du festival Les Urbaines

leahnehmert.com

Leah Nehmert
Wanderlust
standard/deluxe, Lausanne

C’est à la suite d’un récent séjour à la Fundaziun Nairs à Scuol que Leah Nehmert a réalisé une série d’œuvres introspectives abordées par le prisme de la marche dans la nature.

Nichée dans une vallée de basse-Engandine dans les Grisons, cette résidence accueille des artistes naturellement amenés à se déconnecter de leur milieu de vie et de travail habituels — le plus souvent urbains —tout en s’astreignant à une vie communautaire au sein d’une cohorte d’artistes venus de toute la Suisse.

C’est ainsi que durant deux mois loin de Bâle, où Leah Nehmert vit et travaille, elle s’est engagée dans des cycles de production cadencés par de longues marches méditatives pendant lesquelles l’artiste a porté une attention toute particulière à la nature environnante. En effet, c’est par la marche — acte banal et le plus souvent utilitaire — que de nombreux intellectuels et artistes avant Nehmert ont su se (re)trouver et, par là même, accéder à une inspiration renouvelée.

Inspirée notamment par L’Art de Marcher de l’autrice américaine Rebecca Solnit, qui considère la marche ou l’errance comme moteurs de libération métaphysique, Leah Nehmert s’est attelée à tenter de capturer des phénomènes naturels d’habitude imperceptibles à l’œil ingénu, puis en a traduit une partie dans ses œuvres.

Leah Nehmert est artiste, et aspire, depuis plusieurs années déjà, à mettre en place une forme de peinture capable de traduire les émotions, le ressenti, et le passage du temps, sans pour autant tomber dans les affres de l’hyperréalisme, qu’elle considère trop prosaïque. Peu intéressée aux débats liés au réalisme de la représentation picturale, son travail repose et émerge néanmoins d’une réflexion murie autour du médium et de sa dimension historique. Cette préoccupation est palpable dans Wanderlust, qui regroupe neuf nouvelles œuvres qui, bien qu’émanant du séjour grison de l’artiste, portent ses thématiques de prédilection, comme la pratique diaristique et autobiographique, ou encore sa passion pour la musique et les instruments de musique, à l’image de April 2023, March 2023, June 2023, August 2023, February 2023, October 2023 et September 2023 qui, comme leurs titres l’indiquent, consignent sur la toile, plutôt que n’écrivent dans un journal, les impressions d’un mois.

Cette pratique diariste abstraite repose autant sur le potentiel symbolique, mais aussi la qualité intrinsèque des couleurs, que l’agencement géométrique des formes et l’équilibre que celui-ci peut achever.

La recherche d’équilibre est aussi au cœur de Selfportrait, 2023 qui, à l’image d’une montre ou de la roue de la fortune dans le tarot, évoque différents aspects liés au passé, présent et futur de l’artiste. On décèle ainsi l’amitié, symbolisée par les deux mains et le cœur, des dates passées marquantes ou encore le quotidien incarné par un escargot orange.

Comme pour renforcer leur signification au-delà du sens commun, certains motifs du lexique de Leah Nehmert sont parfois réitérés. C’est le cas dans Crossing paths, qui peut s’aborder par deux perspectives: celle du plan représentant l’intersection de deux chemins ou une croix, ou celle d’une élévation dans laquelle déambulerait un escargot enchrysalidé, sorte de “corps-larve”, qui, selon l’artiste esquisse la notion de destinée. Le chiffre 1 qui apparaît dans Wanderlust, comme symbole de l’unicité et de l’individualité de l’être, se dessine aussi dans March 2023, pour figurer le début d’une séquence (et donc d’une temporalité), mais aussi la métamorphose, thème omniprésent dans l’exposition.

De plus, ce tableau éponyme au titre de l’exposition fait aussi office d’emblème d’une nouvelle étape créatrice dans la vie de l’artiste. Elle fait partie d’une série de trois peintures dont le format correspond à la taille du lit de l’artiste, et, à l’instar de toutes les œuvres visibles dans l’exposition, témoigne d’une volonté d’élucider la richesse de l’imagination intérieure en abordant la peinture comme ultime vecteur de l’expression de l’inconscient.

— Elise Lammer


avec le soutien de GGG Kulturkick

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